Conjonctivite et chirurgie de la cataracte : quels risques ?

Publié le 09 octobre 2026 .

Cataracte

La chirurgie de la cataracte est l’une des interventions les plus pratiquées en France. Elle est aussi l’une des plus sûres. Pour qu’elle se déroule dans les meilleures conditions, l’œil doit être « calme » le jour de l’opération, c’est-à-dire sans inflammation ni infection.

Une conjonctivite, même banale, peut donc changer le calendrier prévu. Voici pourquoi elle pose problème, quels risques elle fait courir et comment s’y préparer.

Conjonctivite avant une chirurgie de la cataracte | Dr Berthon | Lyon

Pourquoi une conjonctivite peut-elle poser problème avant une chirurgie de la cataracte ?

La conjonctivite est une inflammation de la conjonctive, la fine membrane qui recouvre le blanc de l’œil et l’intérieur des paupières. Elle peut être virale, bactérienne ou allergique. Elle se manifeste par un œil rouge, des sécrétions, des larmoiements, une sensation de sable ou des démangeaisons.

Pendant l’opération, le chirurgien fait de petites incisions dans la cornée pour retirer le cristallin opacifié et poser un implant.

La surface de l’œil est la principale source des germes qui peuvent entrer dans l’œil pendant l’intervention. En cas de conjonctivite, surtout bactérienne, la quantité de germes à la surface de l’œil augmente beaucoup.

La désinfection habituelle avant l’opération, à la povidone iodée, peut alors ne plus suffire. L’inflammation fragilise aussi les tissus et peut gêner la cicatrisation.

Quels sont les risques en cas d’infection oculaire non traitée avant l’opération ?

Le risque principal est l’endophtalmie, une infection grave de l’intérieur de l’œil. Elle reste rare, avec environ 1 cas pour 3000 à 4000 interventions grâce aux protocoles actuels. Mais elle peut entraîner une perte de vision importante, parfois définitive.

Une infection de surface non traitée augmente nettement ce risque.

D’autres complications sont possibles :

  • une inflammation plus forte après l’opération, avec un œdème de la cornée ou de la rétine (œdème maculaire) ;
  • une cicatrisation plus lente des incisions ;
  • un inconfort et une récupération visuelle plus longs ;
  • une infection de la cornée (kératite).

Une blépharite (inflammation du bord des paupières) ou une infection des voies lacrymales sont aussi des sources de germes. Elles doivent être recherchées et traitées.

Faut-il reporter l’intervention en cas de conjonctivite ?

Dans la grande majorité des cas, oui. Une conjonctivite infectieuse active, bactérienne ou virale, est une raison classique de reporter l’opération. On attend la guérison complète, en général une à trois semaines selon la cause et le traitement.

Une conjonctivite virale est aussi très contagieuse : elle représente un risque pour l’équipe soignante et pour les autres patients.

La conjonctivite allergique se discute au cas par cas. Si elle est bien contrôlée et que l’œil est calme, l’opération peut souvent avoir lieu. La décision revient toujours au chirurgien, après avoir examiné l’œil.

Fait important : reporter de quelques jours ou de quelques semaines n’a pas de conséquence pour la cataracte, qui évolue lentement.

Opérer un œil infecté, en revanche, fait courir un risque inutile.

Comment prévenir ce risque avant la chirurgie ?

La prévention commence dès la consultation pré-opératoire. L’ophtalmologiste examine les paupières, la conjonctive et les voies lacrymales. Il recherche une blépharite, une sécheresse oculaire ou une infection et les traite avant de fixer la date.

Une bonne hygiène oculaire aide beaucoup :

  • se laver les mains souvent, et toujours avant de toucher ses yeux ou de mettre des collyres ;
  • nettoyer le bord des paupières chaque jour si une blépharite est connue (compresses chaudes, soins adaptés) ;
  • éviter de se frotter les yeux ;
  • ne pas porter de lentilles de contact dans les jours qui précèdent l’opération, si le chirurgien le demande ;
  • limiter le maquillage des yeux avant l’intervention ;
  • éviter tout contact rapproché avec une personne qui a une conjonctivite.

Il faut aussi suivre exactement les consignes du centre : collyres éventuels, toilette du visage le matin de l’opération, pas de maquillage le jour J.

Que faire si des symptômes apparaissent juste avant l’opération ?

Si votre œil devient rouge, collant, douloureux ou s’il larmoie dans les jours qui précèdent l’opération, ne prenez pas de collyre de vous-même. Prévenez rapidement votre ophtalmologiste ou le centre chirurgical. Un examen permettra de trouver la cause et de décider s’il faut traiter, reporter ou maintenir l’intervention.

Signalez aussi tout autre problème : orgelet, infection ORL, fièvre ou infection ailleurs dans le corps.

Le jour de l’opération, l’équipe vérifie toujours l’état de l’œil. Elle reportera l’intervention si nécessaire.

En résumé

Un œil rouge avant une chirurgie de la cataracte n’est pas grave en soi, à condition d’être signalé. Un report de courte durée permet presque toujours d’opérer ensuite en toute sécurité.

Article rédigé par le Dr Berthon

Le docteur Laurent Berthon est un médecin ophtalmologiste spécialisé dans les domaines des pathologies de la rétine et de la chirurgie de la cataracte. Découvrez ses dernières actualités sur son blog.