Pourquoi la sécheresse oculaire peut‑elle survenir après une chirurgie de la cataracte ?
La chirurgie perturbe la surface oculaire et le film lacrymal, ce qui rend l’œil plus vulnérable à la sécheresse dans les semaines suivant l’intervention.
L’incision cornéenne sectionne des nerfs sensitifs impliqués dans le réflexe lacrymal et le clignement, entraînant une diminution transitoire de la sécrétion et de la qualité des larmes.
Les collyres postopératoires (anti‑inflammatoires, antibiotiques), surtout lorsqu’ils contiennent des conservateurs, peuvent également irriter l’épithélium cornéen et déstabiliser le film lacrymal.
Enfin, beaucoup de patients présentent déjà un terrain d’œil sec lié à l’âge ou à des pathologies générales, que l’opération peut démasquer ou aggraver.
Un traitement préexistant pour la sécheresse oculaire doit toujours être poursuivi en plus des collyres instaurés en postopératoire.
Sécheresse oculaire après une chirurgie de la cataracte : est-ce fréquent et comment la soulager ?
À quel point est‑elle fréquente ?
Les études montrent qu’une proportion importante de patients présente des signes ou des symptômes de sécheresse dans les premières semaines après la chirurgie.
Selon les séries, 10 à 40% des opérés développent un syndrome sec ou au moins des symptômes de sécheresse dans la phase postopératoire précoce.
Une méta‑analyse portant sur des patients sans antécédent d’œil sec retrouve environ 37% de sécheresse après chirurgie, avec une amélioration progressive entre 1 et 3 mois.
La plupart des formes sont transitoires, et les gênes diminuent nettement entre 3 et 6 mois, surtout quand un traitement lubrifiant (larmes artificielles) est institué.
Quels sont les signes et symptômes à repérer ?
Les patients décrivent souvent une sensation de sable ou de corps étranger, de brûlure ou de picotements, parfois associée à des tiraillements ou une douleur légère.
On peut observer une vision fluctuante dans la journée, qui s’embrouille surtout en fin de journée ou lors du travail sur écran, puis s’éclaircit après clignement ou instillation de larmes artificielles.
Un larmoiement réflexe paradoxal, une photophobie modérée et une gêne au port de lunettes ou de lentilles peuvent également être des signes de sécheresse post‑opératoire.
Il est recommandé de consulter en cas de douleur importante, de rougeur persistante ou de baisse durable de l’acuité visuelle, afin d’éliminer une autre complication.
Comment soulager la sécheresse oculaire après une chirurgie de la cataracte ?
Plusieurs mesures simples permettent de soulager efficacement la plupart des sécheresses oculaires post‑opératoires.
- Utiliser régulièrement des larmes artificielles sans conservateur (gels ou collyres), plusieurs fois par jour, selon la gêne et les conseils de l’ophtalmologiste
- Éviter les environnements secs (chauffage fort, climatisation, ventilation dirigée sur le visage) et faire des pauses fréquentes lors du travail sur écran pour favoriser le clignement
- Poursuivre scrupuleusement le traitement postopératoire prescrit, et signaler rapidement au chirurgien toute gêne importante pour adapter les collyres ou ajouter un traitement spécifique (gels plus visqueux, anti‑inflammatoires adaptés, prise en charge d’un terrain d’œil sec chronique)
- En cas de sécheresse persistante ou sévère, des options comme les substituts lacrymaux plus concentrés, les traitements des paupières et des glandes de Meibomius, voire des prises en charge spécialisées de la surface oculaire peuvent être proposés
Dans la grande majorité des cas, ces mesures permettent un retour progressif à un bon confort et à une vision stable après la chirurgie de la cataracte.