Implants intraoculaires : de quoi s’agit‑il ?
Un implant intraoculaire est une lentille artificielle, généralement en acrylique hydrophobe ou hydrophile, parfois en silicone ou PMMA, conçue pour être placée à la place du cristallin dans le sac capsulaire.
Sa puissance optique est calculée avant l’intervention en pré opératoire grâce à une biométrie (mesures précises de votre œil : longueur axiale, kératométrie) pour obtenir la meilleure focalisation possible sur la rétine.
Les implants diffèrent par leurs propriétés optiques (monofocal, torique, multifocal, EDOF), leur dessin (monobloc ou avec anses) et, parfois, par la présence d’un filtre jaune censé limiter la lumière bleue.
Certains modèles sont dits « premium » (toriques, multifocaux, EDOF) et sont partiellement pris en charge par la sécurité sociale.
Seuls les implants monofocaux sont pris en charge en totalité.
Les différents types d’implant utilisés pour une chirurgie de la cataracte
On distingue principalement :
- Les implants monofocaux (standards)
- Les implants toriques (pour l’astigmatisme)
- Les implants multifocaux (pour la vision de près et de loin)
- Et les implants accommodatifs ou à profondeur de champ étendue (EDOF) visant à améliorer la vision à plusieurs distances
Implant monofocal : vision claire à une distance précise
L’implant monofocal est l’implant standard le plus utilisé en chirurgie de la cataracte.
Il ne corrige qu’un seul plan de vision, en pratique le plus souvent la vision de loin, en laissant persister un besoin de lunettes pour la lecture et la vision intermédiaire (ordinateur, tablette). Bien toléré, il donne une vision nette à la distance choisie, avec peu d’effets secondaires optiques comme les halos nocturnes.
On peut parfois jouer sur la monovision (« faire une bascule » : un œil réglé plutôt pour loin, l’autre plutôt pour près) pour limiter le port de lunettes, au prix d’un léger compromis sur la vision binoculaire fine.
Implant torique : correction de l’astigmatisme intégrée
Les implants toriques sont des implants monofocaux ou multifocaux auxquels on a ajouté une géométrie torique pour corriger l’astigmatisme cornéen significatif.
Ils permettent de traiter simultanément la cataracte et l’astigmatisme, réduisant ainsi la dépendance aux lunettes après l’opération.
La pose nécessite un repérage précis de l’axe à corriger et une bonne stabilité de l’implant, car une rotation importante diminuerait l’efficacité de la correction.
Ces implants sont particulièrement intéressants chez les patients très astigmates qui souhaitent une vision de loin la plus nette possible sans lunettes.
Implant EDOF : une réponse partielle à la presbytie ?
Les implants EDOF ne corrigent la presbytie que de façon partielle.
Ils offrent en général une excellente vision de loin et surtout intermédiaire, avec moins de halos et une meilleure qualité de vision contrastée que certains multifocaux classiques, mais la vision de près fine (lecture prolongée, petits caractères, faible lumière) reste souvent insuffisante sans lunettes d’appoint.
En pratique, ils visent davantage une bonne indépendance aux lunettes pour les activités quotidiennes et le travail sur écran qu’une très bonne vision sans lunettes à toutes distances.
Implant multifocal : voir de près comme de loin
Les implants multifocaux sont conçus pour offrir plusieurs foyers de vision, permettant de voir à la fois de loin, de près et souvent en vision intermédiaire.
Ils reposent sur une répartition de la lumière entre différents plans focaux (dessins réfractifs ou diffractifs), ce qui peut réduire très significativement la dépendance aux lunettes pour la vie quotidienne.
En contrepartie, attention tout de même, ils exposent plus souvent à des phénomènes de halos, d’éblouissements nocturnes et à une baisse de sensibilité au contraste, qui doivent être bien expliqués avant l’intervention.
Ces implants sont en général plus coûteux que les monofocaux et toriques, et ne conviennent pas à tous les profils.
Ils sont d’ailleurs contre indiqués dans de nombreuses situations :
- Pathologie rétinienne : DMLA, myopie forte
- Atteinte sévère de la cornée : opacités , keratocone, sécheresse oculaire sévère
- Conduite nocturne fréquente
- Glaucome évolué
- Cas particuliers d’exigences visuelles très spécifiques
Conclusion
En pratique, le choix de l’implant cataracte (monofocal, multifocal, torique ou EDOF) se fait en concertation avec votre chirurgien, à partir d’un examen complet, de vos défauts visuels et de vos attentes en termes d’indépendance aux lunettes.